LAMORT N EST RIEN - Charles PĂ©guy LA MORT N'EST RIEN La mort n’est rien, je suis simplement passĂ© dans la piĂšce Ă  cĂŽtĂ©. Je suis moi, vous ĂȘtes vous. Ce que nous Ă©tions les uns pour les autres, nous le sommes toujours. Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donnĂ©, Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait, N’employez pas un ton solennel ou triste, citation1. Rien n' est beau comme un enfant qui s' endort en faisant sa priĂšre, dit Dieu. Le MystĂšre des Saints Innocents (1912) de. Charles PĂ©guy. RĂ©fĂ©rences de Charles PĂ©guy - Biographie de Charles PĂ©guy. Plus sur cette citation >> Citation de Charles PĂ©guy (n° 13676) - Ajouter Ă  mon carnet de citations. Notez cette citation Lamort n'est rien . Je suis simplement passĂ© dans la piĂšce Ă  cĂŽtĂ©. Je suis moi, tu es toi. Ce que nous Ă©tions l’un pour l’autre, nous le sommes toujours. Donne-moi le nom que tu m’as toujours donnĂ©. Parle-moi comme tu l’as toujours fait. N’emploie pas de ton diffĂ©rent, ne prends pas un air solennel ou triste. Lamort n'est rien. Je suis simplement passĂ© dans la piĂšce Ă  cĂŽtĂ©. Je suis moi. Tu es toi. Ce que nous Ă©tions l'un pour l'autre, nous le sommes toujours. Donne moi je nom que tu m'a toujours donnĂ©. Parle moi comme tu l'as toujours fait. N'emploie pas de ton diffĂ©rent. Ne prends pas un air solennel ou triste. CeSite a pour vocation, Ă  travers des poĂ©mes choisis, des citations, des extraits de texte selectionnĂ©s pour leur HumanitĂ© et leur signification, d'aider les familles endeuillĂ©es par le suicide de leur proche. Ce site possĂšde Ă  la fois des rubriques en anglais et en français pour plus de lisibilitĂ©. Ce site est dĂ©diĂ© Ă  la mĂ©moire & Ă  la vie de Eric Delaplane Garcia, ainsi qu'Ă  Lamort n'est rien. Je suis simplement passĂ© dans la piĂšce Ă  cĂŽtĂ©. Je suis moi, tu es toi. Ce que nous Ă©tions l'un pour l'autre, nous le sommes toujours. Donne-moi le nom que tu m'as toujours donnĂ©. Parle-moi comme tu l'as toujours fait. N'emploie pas de ton diffĂ©rent, ne prends pas un air solennel ou triste. Continue Ă  rire de ce qui nous faisait rire ensemble. Prie, souris, Nepleurez pas. Aujourd'hui, je faisais des recherches sur la conception de la mort de Saint-Augustin, et je suis tombĂ© sur quelque chose de fort intĂ©ressant: un poĂšme qui, au dĂ©part je croyais ĂȘtre l'oeuvre d'un certain Charles PĂ©guy(auteur français des nĂ© dans les annĂ©es 1800) qui Ă©tait basĂ© sur une priĂšre de Saint-Augustin. Je l'aurais volontier partager avec la classe, mais Surce journal intime qui a tendance Ă  voir la vie en rose, il est des jours, comme aujourd'hui, que je dois marquer d'une croix par ce texte de Charles PĂ©guy que nous avons entendu, Mamie et moi, au cimetiĂšre de DraveilCharles PĂ©guy faisait dire Ă  la dĂ©funte : "La mort n'est rien. Je suis simplement passĂ© dans la piĂšce Ă  cĂŽtĂ©. La mort n’est rien, je suis seulement passĂ©e, dans la piĂšce Ă  cĂŽtĂ©. J e suis moi. Vous ĂȘtes vous. Ce que j’étais pour vous, je le suis toujours. D onnez-moi le nom que vous m’avez toujours donnĂ©, parlez-moi comme vous l’avez toujours fait. N’employez pas un ton diffĂ©rent, ne prenez pas un air solennel ou triste. 35Corporation Drive, Dolphin Estate, Ikoyi, Lagos. madden 2003 player ratings news General la mort n'est rien saint augustin. la mort n'est rien saint augustin 8llT6. Bonjour mes anges ! Voici un joli poĂšme que j'ai trouvĂ© en me baladant sur le net... L'auteur l'a Ă©crit de son vivant, et je souhaitais vous le faire partager... En cliquant sur la photo, vous pourrez lire sa biographie sur WikipĂ©dia...La mort n’est rien La mort n’est rien, je suis simplement passĂ© dans la piĂšce Ă  cĂŽtĂ©. Je suis moi, vous ĂȘtes vous. Ce que nous Ă©tions les uns pour les autres, Nous le sommes toujours. Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donnĂ©, Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait, N’employez pas un ton solennel ou triste, Continuez Ă  rire de ce qui nous faisait rire ensemble, Priez, souriez, pensez Ă  moi, Que mon nom soit prononcĂ© comme il l’a toujours Ă©tĂ©, Sans emphase d’aucune sorte, sans trace d’ombre, La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifiĂ©, Elle est ce qu’elle a toujours Ă©tĂ©. Le fil n’est pas coupĂ©, Simplement parce que je suis hors de votre vue. Je vous attends. Je ne suis pas loin. Juste de l’autre cĂŽtĂ© du chemin. Vous voyez tout est bien. [Charles PĂ©guy] bientĂŽt quelque part mes anges ; La mort n’est rien,Je suis seulement passĂ© dans la piĂšce Ă  que nous Ă©tions les uns pour les autres,Nous le sommes toujours. Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours comme vous l’avez toujours pas un ton prenez pas un air solennel ou Ă  rire de ce qui nous faisait rire souriez, Pensez Ă  mon nom soit prononcĂ© Ă  la maisonComme il l’a toujours Ă©tĂ©,Sans emphase d’aucune sorte et sans trace d’ vie signifie ce qu’elle a toujours signifiĂ©Elle reste ce qu’elle a toujours fil n’est pas serais-je hors de vos pensĂ©es ;Simplement parce que je sui hors de votre vue ?Je vous ne suis pas de l’autre cĂŽtĂ© du chemin. CommĂ©morations du 11-Novembre Le 5 septembre 1914, il y a cent ans, le lieutenant Charles PĂ©guy Ă©tait tuĂ© prĂšs de Meaux. Michel Laval raconte les trente-cinq derniers jours de la vie de l’écrivain français. PubliĂ© le 05 septembre 2014 Ă  12h09 - Mis Ă  jour le 19 aoĂ»t 2019 Ă  14h46 Temps de Lecture 11 min. Le 5 septembre 1914, le lieutenant Charles PĂ©guy Ă©tait tuĂ© prĂšs de Meaux. Michel Laval, avocat, auteur de TuĂ© Ă  l’ennemi, la derniĂšre guerre de Charles PĂ©guy Calmann-LĂ©vy, 2013, prix de l’AcadĂ©mie française, raconte les trente-cinq derniers jours de la vie de l’écrivain français. Le samedi 5 septembre 1914, en fin d’aprĂšs-midi, le lieutenant Charles PĂ©guy est tuĂ© aux alentours du village de Villeroy prĂšs de Meaux au cours d’un combat de rencontre avec les unitĂ©s d’arriĂšre-garde de la IĂšre armĂ©e allemande du gĂ©nĂ©ral Alexandre von Kluck. ÂgĂ© de 41 ans, PĂ©guy, l’enfant qui parcourait les levĂ©es de la Loire en rĂȘvant aux grandes batailles de l’histoire de France », le normalien dreyfusard qui affrontait les bandes maurrassiennes et antisĂ©mites, le rĂ©publicain mystique de Notre Jeunesse, le poĂšte marchant de son pas de pĂšlerin blessĂ© vers des mondes invisibles en ruminant des vers sublimes, le citoyen de la commune espĂšce », le chrĂ©tien de l’espĂšce commune », bon Français de l’espĂšce ordinaire », le patriote rĂ©volutionnaire, PĂ©guy la colĂšre, PĂ©guy l’hĂ©rĂ©tique, est l’un des premiers morts de la bataille de la Marne qui, dĂšs le lendemain et pendant quatre jours historiques, va opposer entre Meaux et Verdun plus de deux millions d’hommes sur un front de 250 kilomĂštres. La mort de Charles PĂ©guy, et avec lui d’une centaine d’hommes de la 19Ăšme compagnie du 276Ăšme rĂ©giment d’infanterie de rĂ©serve, marque l’épilogue hĂ©roĂŻque et tragique d’un premier mois de guerre au cours duquel, aprĂšs les trĂšs meurtriĂšres offensives d’Alsace et de Lorraine, aprĂšs le dĂ©sastre des Ardennes, aprĂšs les dĂ©faites de Charleroi et de Mons, trois armĂ©es françaises et une armĂ©e anglaise ont entrepris, sous une chaleur accablante entrecoupĂ©e d’orages, une harassante retraite pour Ă©chapper au mouvement d’enveloppement de l’armĂ©e allemande lancĂ©e Ă  leur poursuite En moins de deux semaines, fantassins, artilleurs, hommes du gĂ©nie et cavaliers des deux camps ont parcouru un chemin qui les a conduits des frontiĂšres du Nord et du Nord-Est aux rives de la Marne et de la Seine. Une marche interminable sur des routes poussiĂ©reuses encombrĂ©es de rĂ©fugiĂ©s et de convois de blessĂ©s. Une marche Ă©puisante entrecoupĂ©e de combats entre arriĂšre et avant-gardes, les unes pour retarder l’avance allemande, les autres pour forcer le passage dans les lignes françaises. Certaines unitĂ©s ont accompli des Ă©tapes quotidiennes de trente Ă  quarante kilomĂštres, depuis les premiĂšres lueurs de l’aube jusqu’à la nuit tombĂ©e. Le 4 septembre, des reconnaissances de uhlans ont Ă©tĂ© aperçues Ă  vingt kilomĂštres de Paris. Le 5, les IĂšre, IIĂšme et IIIĂšme armĂ©es des gĂ©nĂ©raux von Kluck, von BĂŒlow et von Hausen ont franchi la Marne Ă  La FertĂ©-sous-Jouarre, Épernay et ChĂąlons, tandis que la IVĂšme armĂ©e du duc de Wurtemberg passait sous les ailes de lĂ©gende du Moulin de Valmy. CĂŽtĂ© allemand, la victoire paraĂźt certaine et dĂ©jĂ  presque acquise. Des vagues innombrables de feldgrau dĂ©ferlent sur l’hexagone au son des tambours et des fifres, laissant dans leur sillage mĂ©canique un terrible cortĂšge d’atrocitĂ©s et d’exactions. Louvain et sa cĂ©lĂšbre bibliothĂšque ne sont plus qu’un amas de cendres et de ruines. À LiĂšge, Dinant, Namur et Senlis, des dizaines de civils ont Ă©tĂ© tuĂ©s. Les viols, les exĂ©cutions d’otages, les pillages et les incendies se comptent par centaines. Rien ne paraĂźt plus dĂ©sormais en mesure d’arrĂȘter l’invasion redoutĂ©e, Ă  l’instant mĂȘme oĂč pourtant l’offensive foudroyante menĂ©e par cinq armĂ©es ennemies surgies en masse du Luxembourg et de la Belgique envahis, a commencĂ© Ă  dĂ©vier le cours programmĂ© par le Plan Schlieffen sous l’impulsion de gĂ©nĂ©raux orgueilleux, enivrĂ©s par leurs premiers succĂšs. CĂŽtĂ© français, l’enthousiasme des premiers jours a fait place Ă  la crainte d’une nouvelle et dĂ©sastreuse dĂ©faite semblable Ă  celle qui, quarante-quatre ans auparavant, avait prĂ©cipitĂ© la nation tout entiĂšre dans l’abĂźme d’une des plus terribles humiliations de son histoire. Mais les troupes qui refluent toujours plus vers le Sud ne se sont pas disloquĂ©es sous la pression adverse. La retraite s’effectue dans l’ordre sur une ligne continue, sans rupture du front qui, de Verdun Ă  l’Alsace, barre solidement la route de l’Est Ă  l’envahisseur. Aucune dĂ©bĂącle, aucune dĂ©bandade, aucune panique. Les soldats ont tenu, pressĂ©s de se battre, malgrĂ© la fatigue et la faim, malgrĂ© la chaleur et la soif, malgrĂ© le fardeau des sacs et leurs courroies sciant les Ă©paules, malgrĂ© les pieds lourds et chauds, malgrĂ© les canonnades et le bruit sourd de la horde Ă  leur trousse. Les gĂ©nĂ©raux incapables ou irrĂ©solus ont Ă©tĂ© limogĂ©s. Les pillards ou les dĂ©serteurs ont Ă©tĂ© fusillĂ©s. AprĂšs le 25 aoĂ»t, tout le dispositif militaire a Ă©tĂ© reconstituĂ©, tout le plan d’opĂ©rations a Ă©tĂ© repensĂ©. Le 2 septembre, le Gouvernement a quittĂ© Paris pour Bordeaux, raison invoquĂ©e de donner une impulsion nouvelle Ă  la dĂ©fense nationale ». Le gĂ©nĂ©ral Gallieni a Ă©tĂ© tirĂ© de sa retraite. Mission lui a Ă©tĂ© donnĂ©e de dĂ©fendre la capitale qu’une partie de sa population a fuie et dont le siĂšge paraĂźt dĂ©sormais imminent. AgenouillĂ©e derriĂšre ses soldats, la France prie pour son salut. Charles PĂ©guy et les hommes qui tombent Ă  ses cĂŽtĂ©s sur le champ de bataille de Villeroy le 5 septembre 1914 se sont retrouvĂ©s dĂšs la mobilisation gĂ©nĂ©rale dans la tourmente de ce premier mois de guerre oĂč l’histoire du monde a basculĂ©. RassemblĂ© Ă  Coulommiers, le 276Ăšme rĂ©giment d’infanterie a rejoint le 10 aoĂ»t le front de Lorraine oĂč il est restĂ© en rĂ©serve pendant prĂšs de dix jours avant d’ĂȘtre envoyĂ© en premiĂšre ligne sur les Hauts de Meuse. Le 24 aoĂ»t, toute la 55Ăšme division Ă  laquelle il appartient, a Ă©tĂ© rapatriĂ©e vers l’Ouest pour ĂȘtre intĂ©grĂ©e dans la nouvelle masse de manƓuvre, la 6Ăšme armĂ©e, que le Chef d’état-major gĂ©nĂ©ral, l’imperturbable Joseph, Jacques, CĂ©saire Joffre, a dĂ©cidĂ© de constituer pour endiguer la ruĂ©e allemande et qui bientĂŽt va devenir le fer de lance de la gigantesque contre-offensive dont l’idĂ©e a surgi Ă  la faveur des erreurs ennemies. Le 3 septembre, des renseignements concordants sont parvenus au siĂšge du Grand Quartier GĂ©nĂ©ral Ă  Bar-sur-Aube rĂ©vĂ©lant que d’interminables colonnes de soldats allemands inclinaient leur route vers le sud-est en laissant sur leur droite Paris et la 6Ăšme armĂ©e dont le commandement a Ă©tĂ© confiĂ© au gĂ©nĂ©ral Maunoury. Convaincu d’une victoire rapide et dĂ©cisive sur les forces françaises qu’il croit au bord de l’effondrement, le gĂ©nĂ©ral von Kluck a obliquĂ© sa route vers l’est. Erreur capitale. Gallieni Ă  Paris et Joffre Ă  Bar-sur-Aube ont saisi instantanĂ©ment l’aubaine de ce mouvement imprĂ©vu. Ils ont compris que l’armĂ©e allemande s’engouffrait dans la vaste cavitĂ© formĂ©e par les armĂ©es françaises, comme prĂšs de deux mille ans auparavant, les lĂ©gions romaines l’avaient fait Ă  Cannes face Ă  l’armĂ©e de Hannibal. Ils ont compris que la stratĂ©gie d’encerclement s’inversait, que le sort des armes changeait. Douze jours aprĂšs le dĂ©but de la retraite, le 6 septembre au matin, Joffre signait l’ordre de la contre-attaque gĂ©nĂ©rale Au moment oĂč s’engage une bataille dont dĂ©pend le salut du pays, il importe de rappeler Ă  tous que le moment n’est plus de regarder en arriĂšre ; tous les efforts doivent ĂȘtre employĂ©s Ă  attaquer et refouler l’ennemi. Une troupe qui ne pourra plus avancer devra, coĂ»te que coĂ»te, garder le terrain conquis et se faire tuer sur place plutĂŽt que de reculer. Dans les circonstances actuelles, aucune dĂ©faillance ne peut ĂȘtre tolĂ©rĂ©e ». À cet instant, plus de 150 000 soldats français sont dĂ©jĂ  tombĂ©s depuis le dĂ©but de la guerre, dont 27 000 pour la seule journĂ©e du 22 aoĂ»t. À cet instant, Charles PĂ©guy et les hommes de la 19Ăšme compagnie ont dĂ©jĂ  payĂ© l’impĂŽt du sang et dorment sur le champ de bataille, ensemble tuĂ©s Ă  l’ennemi », semblables Ă  des gisants, couchĂ©s dessus le sol Ă  la face de Dieu ». Pour ces soldats aux antiques vertus » l’épopĂ©e s’est achevĂ©e au 35e jour de la guerre. Trente-cinq jours, ils ont marchĂ© drapeaux dĂ©ployĂ©s au milieu des chants et des rires, des pleurs et des cris vers le mĂȘme et tragique destin. Parmi eux le capitaine Pierre GuĂ©rin, l’ancien baroudeur d’Afrique, frappĂ© en scrutant les lignes ennemies avant l’assaut ; le lieutenant saint-cyrien, Charles de la CornillĂšre, mort gantĂ© de blanc ; les sergents Graillot et PanissiĂ©, les caporaux Auger, Lafasse et DelƓil, les soldats Guyot, Berthier, Lascaux et Martinet et, avec eux, une centaine d’autres, ouvriers de Paris et paysans Briards pour la plupart, tombĂ©s en moins d’une heure, d’un mĂȘme Ă©lan, d’un mĂȘme mouvement, d’une mĂȘme mort hĂ©roĂŻque, d’un mĂȘme sacrifice, mitraillĂ©s depuis les hauteurs de la colline de Monthyon par les bataillons du IVĂšme corps de rĂ©serve du gĂ©nĂ©ral von Gronau chargĂ© de protĂ©ger les arriĂšres de l’armĂ©e de von Kluck courant vers le sud. On retrouvera leurs corps inanimĂ©s le lendemain, alignĂ©s dans un ordre parfait comme pour une derniĂšre parade devant l’éternitĂ©. Au milieu d’eux, le lieutenant Charles PĂ©guy atteint d’une balle en plein front alors qu’il commandait le feu, mort comme il avait vĂ©cu, debout, l’épĂ©e Ă  la main, fidĂšle au commandement qu’il avait Ă©noncĂ© quelques annĂ©es auparavant Celui qui est dĂ©signĂ© doit marcher. Celui qui est appelĂ© doit rĂ©pondre. C’est la loi, c’est la rĂšgle, c’est le niveau des vies hĂ©roĂŻques, c’est le niveau des vies de saintetĂ© ». Les vies hĂ©roĂŻques », les vies de saintetĂ© », les pauvres et grandes vies de Charles PĂ©guy et des hommes de la 19Ăšme compagnie, traçaient maintenant l’extrĂȘme limite de l’invasion. L’offensive allemande avait atteint son point culminant » dont Clausewitz dit qu’il dĂ©termine le sort des armes. La guerre amorçait son tournant. Instant dĂ©cisif de notre histoire, crucial et mĂȘme unique. Jamais la France ne fut dans son histoire plus unie, plus rassemblĂ©e, qu’à cet instant. La France de l’ Union sacrĂ©e » oĂč BarrĂšs s’incline devant la dĂ©pouille de JaurĂšs assassinĂ©, le pacifiste HervĂ© rallie le patriotisme le plus intransigeant, les antimilitaristes rĂ©clament des fusils, les socialistes votent les crĂ©dits de guerre et le marxiste Jules Guesde fraternise avec le trĂšs catholique Albert de Mun. La France engagĂ©e totalement, dans toutes ses forces ; dans toutes ses Ă©nergies, toutes les classes sociales, toutes les familles spirituelles et religieuses, toutes les forces politiques, la totalitĂ© des Français, nobles et roturiers, bourgeois et ouvriers, maĂźtres d’école et curĂ©s, hommes d’armes et gens de robe, laboureurs et marchands, apaches de Belleville et notables de province, catholiques et protestants, juifs et chrĂ©tiens, libres penseurs et croyants, dĂ©mocrates et absolutistes, socialistes et maurrassiens, rĂ©publicains et monarchistes, rĂ©volutionnaires et traditionalistes, se sont rassemblĂ©s en un mĂȘme groupe, animĂ©s d’une mĂȘme volontĂ©, poussĂ©s par une mĂȘme dĂ©termination, convaincus d’une mĂȘme idĂ©e, soudĂ©s d’une mĂȘme fraternitĂ©. La France spirituelle et la France temporelle, la France de l’Ancien rĂ©gime et de la RĂ©volution, des sacres de Reims et de la nuit du 4 aoĂ»t, du baptĂȘme de Clovis et de la FĂȘte de la FĂ©dĂ©ration, des cathĂ©drales et des Ă©coles primaires, du Roi-Soleil et de la Commune de Paris, la fille aĂźnĂ©e de l’Église et la patrie des Droits de l’homme, unies par-delĂ  le fleuve des morts » dont parle Michelet. Vingt siĂšcles de rois, vingt siĂšcles de peuples », des siĂšcles et des vies, d’épreuves et de saintetĂ©, d’exercices, de priĂšres, de travail, de sang, de larmes », plus de cent gĂ©nĂ©rations se succĂ©dant dans la poussiĂšre du temps, la longue carriĂšre ouverte depuis tant de siĂšcles, oĂč nous suivons nos pĂšres, oĂč nous prĂ©cĂ©dons nos enfants » Ă©voquĂ©e par Augustin Thierry. TrĂšs tĂŽt PĂ©guy, dĂšs 1905, a compris que cette guerre Ă©tait inĂ©vitable, que la France Ă©tait menacĂ©e par ce qu’il appelle la kaiserliche menace militaire allemande ». TrĂšs tĂŽt, dĂšs la mĂȘme annĂ©e, il a compris la dimension et l’enjeu de la guerre. JaurĂšs et son camarade HervĂ©, Ă©crit-il, finiront peut-ĂȘtre par dĂ©couvrir, surtout si leurs intĂ©rĂȘts politiques les y poussent un tant soit peu, ils finiront peut-ĂȘtre par s’apercevoir que ce n’est point en Pologne que nous aurons Ă  dĂ©fendre les libertĂ©s polonaises, et toutes les libertĂ©s de tout le monde, mais tout simplement, tout tranquillement, si je puis dire, sur les bords de la Meuse. Ils finiront par dĂ©couvrir ce que nous avons connu d’une saisie toute immĂ©diate parce que nous ne sommes pas des politiciens que plus que jamais la France est l’asile et le champion de toute la libertĂ© du monde, et que toute la libertĂ© du monde se jouera aux rives de la Meuse, aux dĂ©filĂ©s de l’Argonne, ainsi qu’aux temps hĂ©roĂŻques, Ă  moins que ce ne soit aux rives de la Sambre, ainsi qu’au temps d’une rĂ©volution rĂ©elle – et veuillent les Ă©vĂ©nements que ce soit Valmy ou Jemmapes –, ou Ă  quelque coin de la forĂȘt de Soignes – et veuillent les Ă©vĂ©nements, si ce doit ĂȘtre un Waterloo, que ce soit au moins un Waterloo retournĂ©. » PĂ©guy sait, il comprend, que la guerre qu’il voit venir n’est pas un simple affrontement entre nations ou entre impĂ©rialismes. Il sait, il comprend, que son enjeu de la guerre est la libertĂ© du monde », qu’elle est un affrontement matriciel, qu’elle oppose, comme il l’écrit, deux logiques, deux systĂšmes, deux visions du monde la France rĂ©publicaine et l’Allemagne impĂ©riale, l’idĂ©e de civilisation et le concept de Kultur, la nation Ă©lective et la communautĂ© organique, la passion du droit et le culte de la force, le gĂ©nie français et le Geist allemand. Quelques jours avant que le tocsin retentisse, il Ă©voque dans sa Note conjointe sur Descartes, l’affrontement des hommes de libertĂ© » et des hommes d’empire », du systĂšme de proposition et de requĂȘte » prĂŽnĂ© par la France et du systĂšme de domination et de conquĂȘte » professĂ© par l’Allemagne. [
] C’est pour cela, Ă©crit-il, que nous ne nous abusons pas, quand nous croyons que tout un monde est intĂ©ressĂ© par la rĂ©sistance de la France aux empiĂ©tements allemands. Et que tout un monde pĂ©rirait avec nous. Et que ce serait le monde mĂȘme de la libertĂ©. Et ainsi que ce serait le monde mĂȘme de la grĂące ». D’emblĂ©e, PĂ©guy sait, il comprend, que la guerre allemande sera une guerre d’invasion et mĂȘme d’anĂ©antissement, une guerre totale », une grande leçon inaugurale d’inhumanitĂ©, une immense inondation de barbarie ». Michel Laval Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil Ă  la fois Ce message s’affichera sur l’autre appareil. DĂ©couvrir les offres multicomptes Parce qu’une autre personne ou vous est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil. Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil Ă  la fois ordinateur, tĂ©lĂ©phone ou tablette. Comment ne plus voir ce message ? En cliquant sur » et en vous assurant que vous ĂȘtes la seule personne Ă  consulter Le Monde avec ce compte. Que se passera-t-il si vous continuez Ă  lire ici ? Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connectĂ© avec ce compte. Y a-t-il d’autres limites ? Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant Ă  des moments diffĂ©rents. Vous ignorez qui est l’autre personne ? Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.